En ce début de saison, Cleveland bat de l’aile

Il n’aura fallu à Mike Brown que quelques matchs pour effectuer des remplacements au sein de son cinq majeur. Ce sont logiquement les résultats décevants de la franchise en ce début de saison qui ont précipité ces changements. C’est tout d’abord Earl Clark, arrivé durant l’été, qui a fait les frais de ces ajustements. Les Cavaliers reviennent donc à une combinaison familière, qui n’est autre que le cinq aligné durant la première partie de la saison dernière avec la présence de Alonzo Gee en tant que poste 3 titulaire. Avec neuf matchs joués cette saison, les Cavaliers affichent un bilan de 3 victoires et 6 défaites. Mais au-delà du bilan, c’est le niveau de jeu affiché par les joueurs qui inquiète.

Après un match décevant contre les Sixers vendredi dernier (défaite 79-94), Mike Brown s’était dit exaspéré du manque d’effort fourni par certains de ses joueurs. Allant même jusqu’à remettre en cause le statut de certains de ses hommes, le coach annonçait clairement des changements à venir après cette défaite au Wells Fargo Center. Ne se donnant clairement pas à fond sur le terrain et n’étant pas assez efficace en attaque, c’est Earl Clark qui a cédé sa place dans le cinq majeur à Alonzo Gee. L’ancien Laker n’a rejoué que récemment, contre Minnesota mercredi dernier, et a donc vu les matchs contre Chicago et Philadelphia depuis le banc de Cleveland. Bilan : une victoire et deux défaites durant cette période…

Andrew Bynum a également intégré le cinq de départ en début de semaine contre les Bulls (défaite 81-96), prenant la place de Anderson Varejao. Le pivot au numéro 21 a été plutôt satisfaisant, apportant tout ce dont les joueurs espéraient de lui, et on pourrait s’attendre à le revoir dans le cinq majeur très prochainement. Toujours imposant dans la raquette et présent sur la défense du pick & roll, Bynum apporte de la solidité et de l’assurance à l’effectif. Contre Chicago, le pivot de 26 ans a constamment proposé des solutions au poste, chose que Cleveland n’avait pas connu depuis Shaquille O’Neal, voire Brad Daugherty

Si Earl Clark n’est pas des plus efficaces offensivement (4.4 points à 32% au tir, 20% à trois points), il ne satisfait pas non plus le coaching staff en défense, secteur dans lequel il est censé exceller.

L’ailier de 25 ans ne confirme pas les espoirs placés en lui en ce début de saison. Mais le pire, c’est probablement que Alonzo Gee n’affiche pas de bien meilleures statistiques que le numéro 6 des Cavaliers (4.7 points mais à 51% au tir, 41% à trois points). En revanche, il montre à son coach qu’il progresse encore en défense et qu’il n’est plus aussi brouillon offensivement que lors de la précédente saison.

Long et athlétique, nous avons plusieurs fois évoqué la polyvalence de Earl Clark en défense et le fait qu’il soit capable de défendre sur les postes 3 et 4. Son passage sur le banc pourrait lui permettre de reprendre le rythme en douceur, et pourquoi pas d’être enfin associé à Anthony Bennett qui pourrait s’essayer au poste 3 (même si toutes les indications portent à laisser croire que ça n’arrivera pas cette année).

En attendant ce futur duo sur les parquets, personne dans l’effectif ne semble en confiance et capable de produire efficacement. « Tout le monde est perdu sur le terrain » serait une manière bien pessimiste de le dire, mais peut-être plus réaliste. Les consignes de Mike Brown, pourtant appliquées à la lettre durant les tous premiers matchs de la saison, ne sont plus respectées et les Cavs se retrouvent avec un effectif talentueux mais qui exécute mal les systèmes. L’attaque ne présente aucun danger à l’adversaire (92.8 points par match, 27e attaque de la ligue) et la défense commence tout doucement à s’effondrer (top 10 des défenses de la ligue après 5 matchs, 22e de la ligue après 9 matchs avec 101.4 points autorisés). Difficile de pointer du doigt un responsable, cependant Kyrie Irving (39% au tir cette saison) et Jarrett Jack (38% au tir) déçoivent sur le terrain. Les leaders désignés de ce jeune groupe des Cavaliers n’y arrivent pas offensivement et tentent de compenser de l’autre côté du terrain en étant très actifs en défense.

Toutefois, avec sept nouveaux joueurs au sein de cet effectif des Cavaliers et un tout nouveau coaching staff, de tels passages à vide étaient prévisibles. Il s’agit maintenant de redresser la barre et de faire face à l’adversité. Malgré ce début de saison mitigé, les playoffs sont toujours en vue et les Cavaliers sont toujours aussi talentueux sur le papier. Comme l’a très bien dit Jarrett Jack après la défaite face aux Wolves : « Ce sont dans ces moments que l’on voit qui est fait de quoi. On va voir qui élèvera son niveau de jeu. »