Kyrie Irving et l’importance de la famille

Beaucoup se sont demandés comment Kyrie Irving répondrait pour son premier passage intense en Playoffs, au sein d’une atmosphère étouffante. C’est bien simple, il n’a pas été affecté du tout. Sur ses deux premières apparitions en Playoffs, il affiche des moyennes de 28 points, 4.0 rebonds et 4.0 passes décisives par match.

Hier, lors du Game 2 contre les Boston Celtics, Irving et LeBron James ont inscrit les 28 derniers points de leur équipe afin de leur donner la victoire et une avance de 2-0 dans la série.

Il s’agit là du même joueur qui a enfoncé les Portland Trailblazers grâce à ses 55 points le 28 janvier dernier. Il s’agit également du même joueur qui s’est surpassé quelques mois plus tard à San Antonio en inscrivant 57 points. Irving est fait pour ce genre de moments, ça fait partie de sa personnalité.

Il l’avait en lui avant de rejoindre Team USA l’été dernier. Il l’avait avant que LeBron James ne revienne à Cleveland. C’est dans ses gênes. Il n’a peut-être que 23 ans, mais Irving respire la sérénité.

Je suis une vieille âme, c’est comme ça. Depuis que je suis jeune, j’ai toujours eu un brin de maturité en moi. Par contre, je me rends bien compte que j’ai encore beaucoup à apprendre.

Cette vieille âme dont il parle provient d’une femme qui n’est malheureusement plus de ce monde, Elizabeth Irving. La mère du meneur All-Star est soudainement décédée à l’âge de 29 ans, alors que Kyrie n’avait que 4 ans.

Elle était atteinte d’une septicémie, une inflammation du corps causée par une infection. Le père de Kyrie, Drederick, s’est retrouvé à élever son fils ainsi que sa grande sœur Asia avec l’aide de ses tantes. Le vide laissé par une mère fait certainement grandir plus rapidement dans ce monde, comme en témoigne le meneur de Cleveland.

Bien sûr, ces événements ont beaucoup influencé la manière dont j’ai grandi et la personne que je suis devenu aujourd’hui. Ce n’est pas facile. Parfois, on veut avoir ses deux parents à ses côtés mais ça ne marche pas ainsi.

En ce qui me concerne, cela m’a encore plus rapproché de mon père. C’est probablement pour ça que ma relation avec lui et ma sœur est aussi importante à mes yeux.

Irving était trop jeune pour avoir des souvenirs de sa mère. Cependant, son père ainsi que d’autres membres de sa famille ont tout mis en oeuvre afin de conserver son souvenir dans la vie du jeune garçon en lui racontant des histoires à son sujet.

Elizabeth était une pianiste passionnée, mais également une perfectionniste. Drederick raconte que sa femme était tellement talentueuse qu’elle avait la capacité de remarquer le moindre petit détail, le mémoriser et d’ensuite le contrôler afin de se l’approprier.

Ce que l’on voit lorsque Kyrie remonte le terrain balle en main, créant le chaos dans les défenses adverses, n’est rien d’autre que la représentation du talent de Elizabeth. D’ailleurs, on le lui a déjà fait remarquer : « Mon petit, tu ressembles vraiment à ta maman. »

Mon père me le dit souvent. Il me rappelle souvent que je lui ressemble, mais il fait en sorte que ça ne reste qu’une comparaison. Elle n’est plus avec nous, mais elle reste dans nos souvenirs.

Kyrie est né à Melbourne, en Australie. Son père était un joueur de basketball professionnel avec les Bulleen Boomers. Malgré son jeune âge, Kyrie était un jeune garçon avec du vécu et de l’expérience. Selon LeBron, c’est aussi l’une des raisons pour laquelle il est capable de s’acclimater aussi facilement à un environnement considéré « hostile ».

Il est très calme et posé pour un joueur de son âge. Dans ce genre d’environnement, c’est un gros avantage. C’est super de l’avoir à nos côtés.

En grandissant, Kyrie a sans cesse regardé les cassettes de son père jouer avec Boston College, ainsi qu’à l’étranger. Il a étudié son jeu de jambe, sa mécanique de tir, les angles utilisés pour tirer, son timing, son agilité ainsi que ses changements de vitesse alors que les autres enfants apprenaient encore à dribbler sans faire de marcher.

Irving a cette manie d’observer et de remarquer les petites nuances du jeu qui pourraient faire la différence. Ces différences qui passent inaperçues pour la plupart des gens, il s’en sert en match afin d’atteindre son objectif.

J’ai reçu ça de ma mère et de mon père. Ils ont inculqué ça en moi. Je me concentre sur mes points faibles et j’essaie de les corriger. Pour moi, l’essentiel est de continuer de travailler sur mon jeu, peu importe ce qu’il se passe en dehors du basketball.

Chaque match de postseason qu’il jouera sera son premier. Ce sera son premier Game 3, ce sera son premier match de Playoffs à l’extérieur et ainsi de suite. Cependant, si on ne l’avait pas encore remarqué, Irving se fiche de tout cela. Il se prépare depuis longtemps.

Les différentes circonstances auxquelles sont confrontées une personne au cours de sa vie peuvent le changer, pour le mieux ou pour le pire. Dans le cas de Kyrie, c’est grâce au dévouement de son père qu’il a réussi à persévérer et à en arriver ici aujourd’hui. Elizabeth n’est pas là physiquement, mais elle fait véritablement partie de la vie de son fils.

Pour son coéquipier Tristan Thompson, les épreuves traversées par Kyrie Irving l’ont rendu meilleur.

Je sais que ça a été dur pour lui, mais son père a été un très bon model. Il l’a aidé à grandir en tant qu’homme et on le voit sur le terrain. Lorsque l’on perd quelqu’un dans sa famille, ça nous force à grandir plus vite. Kyrie est une personne spéciale.

Article traduit de l’interview de Chris Haynes pour cleveland.com : It wasn’t LeBron, it wasn’t Team USA, it was Kyrie Irving’s late mother who prepared him for this moment