Quelles options pour les Cavs à la draft ?

Pendant que certains médias s’amusent à élaborer différents scénarios autour de LeBron James et Cleveland, les Cavaliers sous le contrôle de David Griffin ont du travail à faire en attendant la draft. Le premier choix inespéré amène la franchise à choisir parmi ce qui se fait de mieux au sein de cette cuvée et examiner les différentes options qui s’offrent à elles. Trois jeunes talents se présentent pour intégrer la nouvelle génération de superstars : Andrew Wiggins, Joel Embiid et Jabari Parker. Examinons cas par cas les points forts, les points faibles et ce que chaque joueur pourrait apporter aux Cavaliers.

Joel Embiid

Statistiques sur la saison 2013-14 : 11.2 points, 8.2 rebonds, 2.6 contres de moyenne en 23.1 minutes (28 matchs joués à Kansas)

Points positifs

Avec un physique imposant (2m13, 120 kilos et une envergure de 2m26) et une mobilité digne d’un arrière, Joel Embiid a impressionné tout au long de l’année à Kansas. Sa capacité à impacter le jeu des deux côtés du terrain en fait un joueur unique dans cette draft. Il sent le jeu, tant offensivement que défensivement.

Il remplit parfaitement son rôle de protecteur du panier – sa moyenne au contre peut en témoigner – et force ses adversaires à altérer leurs tirs dans la raquette. Le rapport « contres/minute » est monstrueux. Le potentiel de ce côté du terrain est absolument incroyable.

En attaque, il suffit de lui donner le ballon au poste. Un spin rapide et il est au panier. Il peut jouer face à son défenseur et tenter un tir mi-distance, car c’est dans son répertoire. La force de son jeu offensif réside dans ses appuis rapides. Il est athlétique et a la capacité de dominer son adversaire des deux côtés du terrain.

Points négatifs

Comme la majorité des grands pivots prometteurs, malheureusement, un problème de santé intervient. Juste avant la March Madness, le dos de Embiid l’a forcé à faire l’impasse sur le reste de la saison. Le pivot camerounais a passé une série de tests à Los Angeles et affirme aujourd’hui être à 100%. Cela dit, les scouts NBA ont encore des doutes. Cleveland, réputé pour avoir un très bon staff médical, cherchera nécessairement à l’examiner afin de s’assurer de son potentiel choix le soir de la draft.

Pour en rester sur les faiblesses concernant son jeu, on pourrait mentionner un certain manque de discipline en défense. Embiid est certes un bon défenseur, mais commet encore trop de fautes. Cela pourrait l’handicaper lors de sa première saison en NBA, puisqu’on sait que le rythme est bien plus rapide pour les intérieurs. Son poids a aussi été questionné au cours de la saison, mais Embiid a récemment annoncé avoir gagné 7 kilos.

Impact à Cleveland ?

Un pivot athlétique, protecteur, capable de joueur au poste bas à seulement 20 ans ? Après avoir fait l’impasse sur Jonas Valanciunas et Andre Drummond, les Cavs ne devraient pas laisser passer cette opportunité d’avoir une forte présence dans la raquette.

En supposant que ses problèmes au dos sont insignifiants, Joel Embiid est peut-être le meilleur talent de cette draft, et probablement la seule vraie force dominante de cette classe. Il comblerait le trou au poste de pivot à Cleveland, en sachant que Anderson Varejao n’est plus tout jeune (et que son contrat n’est que partiellement garanti), et offrirait du soutien en attaque à Kyrie Irving et Dion Waiters.

Andrew Wiggins

Statistiques sur la saison 2013-14 : 17.1 points, 5.9 rebonds, 1.2 interceptions de moyenne en 32.8 minutes (35 matchs joués à Kansas)

Points positifs

Monstre athlétique. Comment ne pas commencer par cela. Andrew Wiggins est un véritable monstre athlétique. Du haut de ses 2m03 et en se servant de son envergure de 2m13, il est capable de défendre différentes positions et profiter des espaces pour s’infiltrer dans la défense. L’ailier canadien est lui aussi un two way player.

A Kansas cette année, il s’est révélé comme véritable créateur défensif. C’est à dire qu’il peut impacter le jeu grâce à sa défense, intercepter le ballon ou monter au contre pour servir son équipe. Il peut défendre sur les postes 1 à 3. C’est un stoppeur.

Offensivement, sa force réside dans le jeu en transition. Il est impossible à arrêter lorsqu’il est lancé en contre attaque. Son jeu se repose en majeure partie sur ses capacités athlétiques. Ses déplacements sans le ballon sont précis et offrent des possibilités de passe. Il travaille dur et s’améliorera d’année en année. Pas de problème de caractère, il saura ajouter de nouvelles cordes à son arc.

Points négatifs

Comme on l’a dit, il se repose principalement sur ses capacités athlétiques. Il ne saura pas se créer son propre shoot en NBA, du moins pas durant ses deux premières années dans la ligue. Il n’a pas cet instinct de scoreur mais plutôt de joueur complet, se mettant au service du collectif.

Pour une franchise qui a besoin d’un franchise player, il souffrira par moments en essayant de porter l’équipe en attaque. Il aura besoin de scoreurs à ses côtés afin de laisser son côté polyvalent ressortir au mieux.

Impact à Cleveland ?

La bonne nouvelle c’est qu’à Cleveland, des scoreurs, on en a. Kyrie Irving et Dion Waiters font ça très bien. A leurs côtés, Wiggins pourrait se libérer, jouer sans le ballon et se concentrer sur sa défense. Son jeu offensif s’étoffera éventuellement, mais les Cavs ne lui demanderont pas de réaliser des exploits immédiats de ce côté du terrain.

Se développer progressivement à Cleveland, aux côtés de jeunes joueurs (et de jeunes canadiens), serait une bonne situation pour Andrew Wiggins. Il n’apparaîtrait pas comme le scoreur d’une franchise, mais plutôt comme le joueur à tout faire.

Jabari Parker

Statistiques sur la saison 2013-14 : 19.1 points, 8.7 rebonds, 1.2 contres de moyenne en 30.7 minutes (35 matchs joués à Duke)

Points positifs 

Un attaquant complet, voilà ce qu’est Jabari Parker. Mesuré à 2m03 pour 109 kilos, il présente les mêmes similarités que Carmelo Anthony lorsqu’il évolue sur le terrain. Capable de punir grâce à son tir extérieur mais aussi de pénétrer et frapper à l’intérieur, il fait tout.

Pour ses premiers pas à Duke, Parker a enchaîné les matchs à 20 points ou plus, détruisant toute défense se dressant devant lui. Il est très précis en attaque, peut jouer au poste ou en faisant face à son adversaire. Il est également plus athlétique qu’il n’y paraît. Si besoin d’un panier, c’est vers lui qu’il faut se tourner. Un véritable go-to-guy.

Capable de jouer petit ailier comme ailier fort, il offre un avantage à son équipe en créant des problèmes à l’opposition. Qui défendra sur Parker s’il joue au poste 4 sur certaines séquences ? Un grand intérieur peu mobile, ou un ailier mobile mais pas assez fort pour le retenir ?

Points négatifs

La capacité de Jabari à évoluer aux postes 3 et 4 a levé beaucoup de questions sur sa véritable position, et ce notamment à cause de sa défense. Assez lent dans ses déplacements latéraux, il ne peut pas rester en face d’un ailier au calibre NBA. Le placer au poste 4 poserait également un problème, cette fois au niveau de sa taille et de sa force.

Étant un joueur offensif de talent, il lui arrive de s’isoler en attaque et d’ignorer ses coéquipiers. Ses talents de passeur ne sont pas remis en cause, car il est bien capable de créer pour ses coéquipiers. Il s’agit de sa sélection de tirs qui demeure douteuse. Sa lucidité offensive sera à travailler.

Impact à Cleveland ?

Il pourrait arriver à Cleveland et combler le vide au poste 3 mais en toute sincérité, un autre joueur prenant un vingtaine de tirs par match, sans talent défensif ne serait pas forcément le meilleur complément de Irving. Bien qu’il rendrait l’attaque de Cleveland extrêmement dangereuse, il existe des options plus complémentaires pour les Cavs.

Si une équipe autre que Cleveland avait reçu le premier choix, il aurait probablement été la première option de cette draft. On le répète, le talent offensif de ce jeune qui n’a encore que 19 ans est énorme.

Échanger le choix

On veut s’améliorer, et ce le plus vite possible.

David Griffin l’a annoncé juste après avoir remporté la lottery, il a des ambitions pour cette équipe de Cleveland.

Il explorera toutes les options. Échanger le premier choix de la draft fait partie de ces options. Au centre des dernières rumeurs se trouve Kevin Love. Il est courtisé de toutes parts, et Cleveland possède sûrement les meilleures pièces pour effectuer un échange, si telle était leur envie.

Dion Waiters, Tristan Thompson, Anderson Varejao, Anthony Bennett, … les pièces capables d’être bougées sont nombreuses.

En sachant que Love peut choisir de devenir free agent dans deux ans, il faudrait que le projet des Cavaliers puisse le convaincre de rester. Jouer aux côtés de Kyrie Irving serait une raison de rester, en plus des jeunes talents que possède la franchise et de la masse salariale toujours aussi flexible des Cavaliers, située aux alentours de $48 millions pour la saison à venir.

À un mois de la draft, les options sont donc nombreuses pour David Griffin. Les spéculations ne cesseront donc probablement pas avant l’annonce du choix des Cavaliers, le 26 juin 2014.

  • AnthonyDubourg

    J’espère,
    sauf trade du pick, que les Cavs sélectionneront Embiid. Ils ont une
    tradition de prise de risque – même si en l’occurence ce choix est en
    soi une prise de risque compte-tenu des joueurs en présence – et un
    besoin sur ce poste (en plus des lacunes à l’aile).

    Mais surtout, je le souhaite pour des raisons psychologiques.


    Être pris N°1 implique déjà une pression avec laquelle il faut savoir
    composer, même si on est en droit de l’attendre d’un sportif
    professionnel. Cependant, on a vu l’an passé que même le très confiant
    Bennett avait été en partie atteint par celle-ci l’an passé, malgré des points de
    comparaison modestes (les seuls à avoir brillé à côté jouaient à des
    postes déjà fournis pour Cleveland, remettant moins en cause le pick).

    – La Draft ’14 est annoncée comme profonde. Le faisceau
    d’attentes du N°1 va donc se trouver encore amplifié par la comparaison
    avec des choix du haut de la Draft dont les performances pourraient
    devenir pesantes sur le N°1. Le meilleur exemple de l’importance de la
    comparaison dans la tête des gens, et, in fine, du prospect est Greg
    Oden, qui mentionne Kevin Durant dans chaque interview.

    – Si on rajoute à ces deux points, la sélection d’un poste 3
    comme il y a 11 ans, chaque match sera scruté sous l’angle du nouveau
    LBJ, comparaison qui fera florès quotidiennement. Une analogie qui est
    bien évidemment totalement injuste tant LeBron joue objectivement à un
    autre niveau que tout le monde depuis déjà plusieurs années.

    Les top prospects de cette année semblent avoir la tête
    sur les épaules (mais c’était le cas du très intelligent Oden même si son cas reste très spécifique) et ils
    l’ont en partie déjà prouvé avec le niveau de jeu qu’ils ont affiché
    malgré la hype mais la comparaison avec LBJ peut vraiment détruire un
    prospect.

    Avec une attention médiatique exponentielle, du même niveau de
    délire, si ce n’est plus, qu’il y a une décennie, je préférerais l’éviter, tant pour le joueur que pour la franchise.

    En revanche, si Cleveland conserve le pick, choisit un poste 3 et qu’il concrétise toutes les attentes, alors ce serait le révélateur d’une incroyable force mentale.